La sélection du bois marque le travail quotidien du menuisier. Il regarde, touche, hume – les mots sont ceux du vivant. Dans les ateliers de la Salvetat, les artisans choisissent chaque grume en fonction de l’usage voulu, de la veine, du fil du bois, des nœuds. Un châtaignier croisé sur pied quelques mois plus tôt à 900 mètres d’altitude racontera autre chose qu’un hêtre du vallon voisin.
Une fois la livraison effectuée depuis la scierie locale – souvent La Scierie Salvetatoise, implantée sur la commune depuis plusieurs générations (Mairie de La Salvetat-sur-Agout) –, le bois doit sécher. Ici, le climat humide impose patience et méthode. Un séchage trop rapide fendrait les planches. Un menuisier raconte :
- “On laisse toujours au moins un an de séchage par centimètre d’épaisseur à l’air libre, sous abri. Certains bois restent dehors plusieurs saisons avant d’entrer dans l’atelier.”
La transformation passe ensuite par le débitage, le corroyage, le profilage des assemblages (tenons, mortaises, queues d’aronde). Les outils varient peu d’un atelier à l’autre : scies, rabots, gouges, ponceuses – certains recourent encore au geste manuel pour le façonnage final, certitude d’une pièce unique.