Béziers : ensemble avec Clémentine Autain !

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A Béziers aussi, Clémentine Autain nous a donné « des raisons d’espérer »

clementine_autain_ensemble_34_beziers_la_cimadeLa réunion-débat organisée à Béziers le 23 juin avec Clémentine Autain a été un succès. Non seulement du point de vue du nombre de personnes présentes (140 participant-e-s mobilisées grâce notamment au travail en réseau), que de la tonalité du discours et de la richesse des échanges.
Une réunion publique que d’aucuns trouvaient « différente » des meetings habituels avec une « oratrice enthousiaste au discours non formaté ».

C’est d’abord avec les chansons populaires, poétiques et engagées du chanteur accordéoniste Coko (http://www.corentin-coko.fr/) que la soirée a débuté. Histoire de créer une certaine atmosphère et de montrer que la culture, et notamment la musique, entre compositions originales et reprises (Eugène Potier…), a toute sa place dans nos combats.

A Béziers comme ailleurs, face à la gangrène de l’extrême-droite, construire une alternative de gauche !

clementine_autain_ensemble_34_beziers_la_cimade_23_juin_2015Clémentine a commencé son discours en soulignant « l’importance pour elle de venir à Béziers, ville laboratoire, où le maire Robert Ménard, à travers une série de mesures et de prises de position racistes (statistiques ethniques et religieuses…), antisociales (pas de cantine pour les enfants de chômeurs…) ou encore faisant l’apologie du passé colonial (débaptisation de la rue du 19 mars 1962…), cherche à imposer et banaliser les idées d’extrême-droite. Lesquelles « restent fondamentalement celles de la préférence nationale (qui est en fait une préférence raciale) et de la guerre des identités, même si le musulman d’aujourd’hui a remplacé le juif d’hier comme figure de l’ennemi principal ».

Pour elle, le combat contre le Front national est bien une nécessité vitale, tant celui-ci gagne du terrain au plan de « l’hégémonie culturelle », en référence au concept développé par Antonio Gramsci. Ainsi par exemple ce sondage Ipsos révélant « que les Français estiment à 23% le nombre de musulmans en France, alors qu’ils ne sont en réalité que 8% selon différentes enquêtes sociologiques ». C’est dire l’étendue des dégâts sur les esprits.
Mais face à cela, répondre aux provocations de l’extrême-droite nous dit-elle est insuffisant. L’enjeu est bel et bien de :

« proposer un autre récit et de développer une perspective alternative à gauche. »

Car « comment en est-on arriver là ? » interroge-t-elle ?

clementine_autain_ensemble_34_beziers_23_juin_2015_la_cimadePointant la responsabilité des médias, « plus intéressés par nous conter les aventures de la dynastie Le Pen que par l’analyse du contenu de son projet ».

Et celle bien entendu des politiques, en particulier de François Hollande et de « sa politique de droite faite au nom de la gauche », dont l’objectif est « de parachever la mue de la social-démocratie (déjà bien entamée à l’échelle européenne) en parti démocrate à l’américaine ».

Ainsi en va-t-il de « la nomination du dirigeant le plus à droite du PS au poste de 1er ministre », ou de celle « d’un banquier au ministère de l’économie et des Finances », lequel a déclaré récemment qu’il souhaitait que « les jeunes rêvent de devenir milliardaires ».

Avec eux c’est l’adieu à la gauche et à ses valeurs. Désormais « on ne parle plus de classes sociales, de redistribuer les richesses… mais de compétitivité et de restructuration à la place de licenciement ». C’est l’imposition d’un discours sur « la dette que l’on doit résorber à tout prix, afin de faire passer la pilule de l’austérité, de la réduction des dépenses publiques. Même si cela est aussi violent socialement qu’inefficace pour atteindre les objectifs proclamés… Car en fin de compte le but est de mettre à bas toute velléité populaire de contester leur ordre capitaliste néo libéral, comme on le voit en Grèce ».

Reconstruire un « imaginaire collectif »

beziers_clementine_autain_ensemble_la_cimade_23_juin_2015C’est ce à quoi nous invite la porte-parole d’Ensemble, c’est-à-dire « la construction d’un horizon qui nous permette de nous projeter dans l’avenir. Un projet d’émancipation du XXIe siècle qui va bien au-delà des revendications. Qui s’appuie sur d’autres façons de fonctionner, de vivre, de faire de la politique ». Un projet qui ne part pas de rien, « qui se nourrit des luttes et des expériences utopiques réelles, lesquelles lui donne du sens. » Citant pêle-mêle « les luttes contre les GPII à Notre Dame des Landes ou Sivens, celles d’Entreprises autogérées avec les Fralib par exemple, l’interdiction des panneaux publicitaires à Grenoble qui marque une rupture avec l’univers consumériste qu’on nous impose partout… » Cet imaginaire dont nous parle Clémentine, se nourrit de tout, de littérature (Despentes, Deguin…) et de cinéma (La loi du marché…), tout autant que de pensées critiques (Piketti…).

Pour un « Podemos à la française »

Beziers_clementine_autain_23__juin_la_cimade_regionales_2015_Dans cette perspective, la constitution d’une force politique nouvelle est au cœur du débat. Elle renvoie selon Clémentine Autain à 3 questions essentielles à résoudre. Celle de « l’unification des dominés, par delà leur diversité, autour d’un projet émancipateur ». Celle de « l’articulation, plus que de la hiérarchisation, des différentes problématiques (sociales, écologiques, démocratiques, culturelles…) » et qui permette de « fédérer les acteurs des différents mouvements ». Celle enfin « des formes organisationnelles nouvelles, non pyramidales et pluralistes ».

C’est finalement à la construction d’un « Podemos à la française » que la porte-parole nous a invité.

Un débat passionnant et ouvert.

La discussion s’est ensuite engagée sur des sujets aussi divers que complémentaires. Citons par exemple « le danger FN lors des prochaines présidentielles et l’enjeu de mobiliser les abstentionnistes, qui en ont marre des partis classiques », la difficulté aussi de mobiliser les jeunes. Des interventions ont porté sur « la censure des médias, plus préoccupés à rendre compte des affaires familiales des Le Pen par exemple, que de rendre compte des mobilisations dans toute l’Europe en solidarité avec le peuple grec ». Ou encore sur « les élus coupés des populations », et de l’expérience de gestion municipale alternative à Marinadella. La question de l’urgence de créer un mouvement comme Podemos en France est beaucoup revenue, « où les personnes seraient actrices, participatives, et non suiveuses », « dans lequel la sociabilité doit être aussi considérée que le débat politique », et « qui sache aussi faire rêver ». La question de croissance/décroissance qui est « au cœur du problème mondial » comme l’a dit Clémentine Autain, ont aussi fait l’objet de discussions. Celle de la culture, citant Souchon, le film La loi du marché, des livres… a aussi eu largement droit de cité.

Bref des échanges intéressants, tout azimut, mais néanmoins profondément politiques, qui ont pu se prolonger autour d’un verre (dans cette salle de la Cimade si précieuse pour faire vivre la démocratie à Béziers), avec l’envie partagée de continuer le(s) combat(s) de demain.

Romain F.

Voir aussi l’interview de Clémentine Autain dans l’Hérault du Jour :

Clémentine Autain : « Nous sommes l’antidote au Front national »

la vidéo de clémentine Autain à Béziers

Ensemble 34  :
Lettre ouverte aux militant-e-s, sympathisant-e-s du Parti Socialiste qui n’ont pas renoncé à « changer la vie »

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Cher-e-s camarades,

Nous nous retrouvons très souvent côte à côte contre la casse du droit du travail comme lors de l’ANI, contre les attaques faites à nos libertés fondamentales comme dernièrement avec la loi sur le renseignement, pour défendre les emplois en demandant par exemple une loi interdisant la suppression d’emploi dans les entreprises qui font des profits, pour défendre les services publics, pour défendre les sans-papiers, les mal-logé-e-s, pour se mobiliser pour la protection des ressources naturelles et des terres agricoles dans les ZAD et ailleurs, pour lutter contre le réchauffement climatique, pour soutenir en Grèce Syriza qui doit combattre le diktat de l’UE et des banquiers…
Et à chaque fois que nous nous mobilisons, comme nous le savons trop bien, nous luttons ensemble contre la politique de Hollande et de ses gouvernements successifs, contre leurs politiques austéritaires.

Le dernier congrès du Parti Socialiste est très éclairant, et très clarifiant politiquement. Le cap mis en œuvre par Valls et Hollande ces dernières années est maintenu. Par conséquent les politiques néfastes que nous combattons ensemble vont s’accentuer. Le constat est devenu évident pour tous et toutes. La ligne politique du Parti Socialiste malheureusement ne changera plus.

En face, le Front National et ses alliés profitent des conséquences de cette politique. Ils prennent de plus en plus d’avance sur notre camp, celui des progressistes, sur le camp de celles et ceux qui luttent pour une transformation sociale émancipatrice.

De notre point de vue il est important et cohérent que tous les militant-e-s, tous les sympatisant-e-s du PS qui n’ont pas renoncé prennent leurs distances et rompent avec le Parti Socialiste et sa ligne politique mise en œuvre par Hollande et Valls afin de construire une alternative à gauche.
Une alternative politique à gauche en dehors du Parti Socialiste est plus que nécessaire. Cette alternative sociale, écologique est possible. Comme le montrent différentes initiatives en cours.

LRMP appel au rassemblementLa démarche des chantiers d’espoir, la démarche des différents appels pour des listes larges, unitaires aux régionales de toutes celles et tous ceux qui luttent contre l’austérité vont dans ce sens. Vous avez toute votre place dans ces dynamiques.

Une telle démarche peut remobiliser le peuple de gauche, elle peut être un catalyseur pour que le Front de Gauche, EELV, Nouvelle Donne… prennent sérieusement langue et commencent à travailler ensemble sur le terrain du mouvement social ainsi que sur le terrain des élections, comme l’on fait avant nous les différentes composantes qui forment maintenant Syriza.

Un tel mouvement permettrait également l’émergence d’assemblées citoyennes larges ayant la masse critique pour mobiliser à leur tour de nouvelles forces vives et accentuer ainsi la dynamique.

Construisons ensemble cette alternative en France et en Europe, car, oui, ensemble nous pouvons !

Boris Chenaud

Déclaration du Front de gauche Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées

Neufs fédérations départementales du PCF ont donné leur accord sur ce texte.
L’Hérault et le Gers ne se sont pas prononcés.
Le Tarn et la Haute-Garonne s’y sont opposés.
C’est toutefois une bonne base qui permet d’envisager avec optimisme la suite. Les discussions se poursuivent au niveau régional avec EELV et au niveau départemental avec le PCF.

Dernière consultation électorale avant 2017, les élections régionales se dérouleront en décembre dans un contexte d’austérité aggravée et de crise politique majeure.

La politique du gouvernement tourne le dos aux aspirations populaires, aggrave le sort de la majorité de la population. Nous rejetons fermement cette politique désastreuse et voulons  œuvrer  au contraire à une politique qui procède d’une nouvelle répartition des richesses, s’attaque aux profits, à la spéculation, pour privilégier la protection sociale, l’emploi et les services publics.

Ces élections sont convoquées en décembre 2015, au même moment que la Conférence mondiale sur le climat de Paris. Malheureusement, cette conférence s’annonce mal : les décideurs du monde entier préfèrent sauver les banques plutôt que s’inquiéter vraiment du sort de l’humanité et prendre les mesures écologiques qui s’imposent, c’est à dire de s’engager dans une planification écologique ambitieuse pour réorganiser radicalement nos modes de consommation et de production.

Notre ambition est de faire de ces élections un moment fort de sursaut démocratique! Nous voulons contribuer à une alternative crédible aux partis membres du gouvernement, pour de nouvelles politiques sociales et écologiques et pour faire barrage à une droite revancharde et  à une extrême droite liberticide, xénophobe et anti sociale.

Il n’est pas acceptable que dans les conseils régionaux, les élus se soumettent à des décisions prises ailleurs, au mépris de leurs engagements politiques et des citoyens. Quand le Conseil régional Midi-Pyrénées accepte la privatisation de l’aéroport de Toulouse Blagnac ou la baisse des dotations de l’Etat au mépris de l’intérêt général, c’est la démocratie qui est malade. C’est sur cet éloignement des décisions politiques des citoyens, renforcés par les projets de mise en concurrence territoriale, qu’explose l’abstention et que progresse le Front National.

Nous voulons donc rétablir la souveraineté populaire dans les Assemblées Régionales. Cela passe par la mise en pratique de nouveaux outils d’implication citoyenne, de contrôle et de décision, que ce soit dans la préparation de l’élection et tout au long du mandat.

Les expériences de démarches citoyennes et unitaires engagées lors des dernières départementales, tout comme l’appel pour un rassemblement citoyen et politique aux élections régionales, attestent de l’urgence de sortir du cadre exclusif des partis et des forces organisées. Nous voulons conjuguer la force de l’unité politique et d’un mouvement replaçant le citoyen comme acteur et décideur. C’est ainsi que nous répondrons  à la crise démocratique, en permettant au peuple de se mettre en mouvement comme il l’a fait lors de la campagne victorieuse du « non » à la constitution européenne ou pendant la belle dynamique de la campagne du Front de Gauche à la Présidentielle de 2012.

Nous, composantes du FdG, souhaitons œuvrer une large dynamique de rassemblement incluant EELV, des socialistes en rupture, Nouvelle Donne et le NPA, au service d’un mouvement citoyen et populaire pour répondre aux urgences de notre temps et en échos aux expériences en Espagne et en Grèce.

Pour faire vivre cette démarche, nous sommes favorables à des cadres ouverts dans les départements, les localités ou les entreprises, et à une structure régionale associant citoyen-ne-s et représentants des forces politiques, sociales et associatives pour participer à l’élaboration du projet, à la construction des listes et aux décisions stratégiques de la campagne.

A cette démarche inédite, nous soumettons d’ores et déjà 5 objectifs pour une région du bien-être.
1) Agir contre l’éloignement des citoyens vis à vis des lieux de décisions à l’échelle de la grande Région en renforçant la démocratie et le pouvoir citoyen par la création d’outils de concertation et de décision innovants. Une charte d’engagements et d’éthique démocratique devra en fixer les règles. De même nous revendiquons une politique de co-gestion de la région avec les citoyen-es. Nous serons au côté des migrants qui affluent sur les côtes méditerranéen pour demander le droit d’asile.

2) Agir pour l’emploi en investissant dans les secteurs à forte utilité sociale et écologique. Créons un fonds pour l’emploi sur critères sociaux et environnementaux qui opère en soutien aux industries innovantes, aux TPE/PME, aux entreprises de l’économie sociale et solidaire, créatrices d’emplois stables et écologiques, en facilitant leur accès au crédit. Mobilisons les fonds publics pour créer directement des emplois utiles ou pour aider les entreprises gérées ou reprises par des  salariés (SCOP), au lieu de subventionner, souvent d’ailleurs sans aucun contrôle, des entreprises capitalistes. Plutôt que la compétition économique et territoriale, bâtissons un modèle de développement basé sur l’égalité entre les territoires, la coopération et la relocalisation de l’économie.

3) Agir pour la transition écologique en développant les transports publics, en investissant massivement dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables, en engageant une économie respectueuse de l’environnement et en soutenant l’agriculture paysanne et biologique.

4) Agir pour la défense et le développement des services publics  et leurs personnels indispensables à la qualité de vie dans nos territoires : moratoire sur les fermetures programmés de services ou hôpitaux de proximité, de lignes SNCF, de filières d’enseignement  professionnel; tarification sociales basées sur les revenus et la mise en place d’espaces de gratuité ; création d’un pôle public de l’eau.

5) Agir pour que les arts, la culture, l’éducation populaire et le sport constituent des espaces d’épanouissement et d’émancipation, ainsi que le premier maillon de la solidarité : stabilisation des financements des secteurs associatifs et culturels aujourd’hui abandonnés par les pouvoirs publics.

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