Le Parc Naturel Régional du haut Languedoc

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Vœux 2013

Comme chaque année en janvier, c’est la période des vœux. En cette année sans élection, j’avais décidé de passer outre cette tradition. 2013 était envisagée comme une année sabbatique d’attente.

Ma belle résolution : « SE TAIRE » (que Madame la présidente de la Communauté des Communes, Madame Mathieu, avait fort joliment développé lors de vœux passés), ma belle résolution volait en éclat car il est urgent de s’indigner.

Diderot disait : « On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte, et l’on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère. » Je vous promets beaucoup d’amertume dans ce qui va suivre car je vous promets des souhaits non conventionnels face aux courtisaneries que vous auriez pu entendre, lire ou voir, sans me contenter d’un simple bénissage complaisant par de fadasses flagorneries et autres hypocrites douceurs qui ont pu vous être délivrées, ça et là, lors de cette régate des résolutions 2013.

S’exprimer, non par un conte mais pour une histoire vraie à l’eau précieuse de nos montagnes, tel est l’objet de mon indignation.

En date du 04 décembre 2012, Monsieur Alain Merit, apiculteur à Combres dans le voisinage immédiat du Camp Deltour, a adressé une lettre à Forestarn avec copie à DTTM34/DDTP/DRAAF, Communauté des communes, Parc Naturel du Haut Languedoc, Madame Darré-Gomez (usine d’eau), et Monsieur le député de notre circonscription Kleber Mesquida.

Cette lettre, dont je possède une copie, a donc été portée à la connaissance de nombreux élus. Quelle en était la teneur ? Je vous la retranscris ci-dessous :

« Monsieur,

Je suis apiculteur, résidant dans le parc naturel du Haut Languedoc et voisin de la plate forme de bois.

J’ai appris que vous utilisez de la cyperméthrine pour le traitement des bois. C’est pourquoi, je vous écris pour vous informer de la réglementation stricte de la cyperméthrine. C’est un insecticide puissant et très toxique pour les abeilles, mais également pour l’environnement, la faune et la flore aquatique, les oiseaux, les nappes phréatiques et les sources. Il ne doit en aucun cas être rejeté dans la nature et il pollue également l’air.

Par votre inconscience, vous polluez toutes les sources en aval de votre installation, Camp Deltour, Devez, La Salvetat (la source du village), ainsi que le lac de la Raviège.

Je vous demande par la présente, de prendre les mesures nécessaires pour ne plus polluer le Parc Naturel Régional du Haut Languedoc et de respecter le protocole et la réglementation stricte de l’utilisation de la cyperméthrine.

Je vous joins le fichier de la cyperméthrine d’agritox règlement N° 1107/2009 – Classement toxicologique directives substances dangereuses (67/548/CEE) – Xn N R 20/22 R37 R50/53 S2 S24 S36/37/39 S60 S61

Recevez Monsieur, mes Salutations distinguées. »

Signé : Me Alain Merit

bois abattus

Cette lettre nous apprend, qu’en dehors de tout cadre légal, un produit « la cyperméthrine » a été utilisée autour du périmètre de la plate forme bois du camp Deltour où l’emploi de traitement du bois est strictement interdit. Or la cyperméthrine est un produit hautement dangereux dont l’utilisation est soumise à des règles très strictes de sécurité et de normes environnementales. Pour faire bref, la cyperméthrine est reconnue d’une toxicité aiguë tant par voie orale, dermale que par inhalation et toxicité sur la reproduction et le développement avec des effets néfastes sur des organes comme la peau ( érythèmes, œdèmes locaux, nécrose du foie ), le système nerveux (troubles neurologiques, incoordination motrice, ataxie, hypersensibilité, anomalies de la démarche), et non des moindres, toxicité sur la reproduction (réduction de la portée et baisse du poids de la descendance à dose toxique parentale).

Concernant l’écotoxicité, toxicité aiguë chronique tant orale qu’alimentaire et sur la reproduction chez les oiseaux, chez les autres vertébrés terrestres, effets sur les organismes aquatiques, aiguë chez les poissons (bio-concentration), chez les invertébrés aquatiques, effets sur la croissance des algues et sur les plantes aquatiques avec un risque élevé pour la vie aquatique à une concentration initiale dans l’eau >= 0.1ug /l, et des effets transitoires pour des concentrations infinitésimales comprises entre 0.01 et 0.07 µg/l et forcément une toxicité aiguë avec effets sur la reproduction concernant les abeilles (une solution à 0.1 ppb et vous avez 50% de mortalité chez les abeilles – Que représente 0.1 ppb ? C’est l’équivalent de 1 g du produit dans 400 camions citernes. Vous comprendrez bien dés lors, l’inquiétude de notre apiculteur.

Mais il n’y a pas que les apiculteurs car tous, nous sommes concernés. TOUS !

Forestarn évoque un gros marché d’exportation vers la Chine avec transport en container par une entreprise belge via le port de Sète. Le transporteur les aurait « bernés » ! Monsieur Sionneau, directeur Forestarn, reconnaît les faits dans une lettre, dont j’ai eu copie aussi.

Monsieur Sionneau s’excuse que ses collaborateurs aient « omis » d’indiquer que ces bois allaient faire l’objet d’un traitement chimique à la cyperméthrine mais en les minimisant puisqu’il précise que le dit insecticide est autorisé et que sa coopérative possède tout les agréments et certificats nécessaires quant à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.
Le permis de conduire ne nous exonère pas du respect du code de la route, l’emploi de la cyperméthrine s’est fait en totale violation des règles sanitaires, écologiques et de sécurité des personnes car le traitement s’est fait sur du communal (le Cornut) et des bidons vides ont été retrouvés sur le site. Incroyable !
Monsieur Sionneau comprend aussi la décision de la fin de l’autorisation de stockage sur les parcelles communales qui lui avait été accordée le 10 septembre, reconnaissant ainsi la très grande réactivité de la municipalité. Du 10 au 30 septembre, 20 jours maudits qui n’auraient pas du être !
En conseil communautaire, Madame Mathieu fut « outrée » qu’une telle chose puisse se produire et allait expédier une missive de reproches sur « le non respect des règles ». Forestarn a « promis » que plus aucun traitement ne se ferait sur place. Peut-on se fier simplement à une parole qui a tant failli ? Quelle est la valeur d’un tel engagement ? Plus aucun traitement sans mettre en place un système de contrôle et de surveillance me paraît un engagement bien superficiel et bien insuffisant au regard de cette pollution avérée.

Fût un temps, où nos responsables aimaient communiquer, n’avaient pas de mots assez beaux, assez forts pour glorifier leur P.E.R., leur pôle d’excellence rurale au travers du développement durable :

  1. – La Communauté des Communes, au travers des énergies renouvelables non fossiles et la mise en valeur des richesses du territoire que sont l’air, l’eau et la forêt, se gargarisait jusqu’à l’enivrement, d’un développement si respectueux de l’environnement que sa présidente commandait d’entonner à 8 voix la partition de la chanson : « vent frais, vent du matin, vent qui souffle aux sommets des sapins ». L’ Hydre communautaire connût quelques couacs….
  2. -Le Conseiller Général qui fantasmait il y 2 ans , sur le développement du tourisme industriel et la mise en valeur de la filière bois qui ferait du Haut canton, une référence en matière de créations d’emplois et de développement durable, nous révélait mercredi 16 janvier lors des vœux 2013 de l’office du tourisme que son souci majeur était 2014 concernant l’attractivité de La Salvetat avec le vidage du lac de la Raviège et la possibilité d’un retrait de VVF de la base des Bouldouïres. Un discours où transpiraient en ligne de mire les municipales de l’an prochain. Rien donc sur 2013 et le souci majeur qu’est le scandale de l’utilisation de la cyperméthrine pour notre attractivité territoriale!
  3. -Le député Kléber Mesquida, en est encore à se féliciter surement de l’antique dolmen que des gaulois salvetois lui ont offert par le passé. Cette position de prudence, de réserve et d’un certain mutisme s’apparente à l’attitude du bouddha, en état d’extase intemporelle, oscillant entre savoir et méconnaissance voire intérêt et oubli. Mais, il y a bien longtemps maintenant que la Salvetat, n’est plus la résidence d’été, « le Castel Gondolfo » de l’évêque de Saint-Pons.
  4. -Le Parc Naturel Régional du Haut Languedoc au travers de son président, pérorant sur l’attractivité du territoire par le biais de son patrimoine humain et culturel, et promettant l’installation d’une classe de son lycée agricole, est égal à lui-même. C’était tellement beau qu’on croyait entendre un opéra lyrique de VERDI, mais pas de « Vive Emmanuel Roi d’Italie », non, de « Vialèlle est Rempli D’Indigence ». En effet par lettre du 07 Janvier 2013, la communication étant fort longue entre les communes du Parc, Monsieur Vialèlle a fait une très courte réponse à Monsieur Merit :

« Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier concernant l’utilisation de cyperméthrine pour le traitement des bois sur la plateforme du Camp de tour.

Renseignements pris, l’usage de ce produit a été arrêté suite à une intervention de Madame Mathieu, Président de la communauté de communes Montagne du Haut Languedoc. Ce traitement nécessaire du bois sera réalisé avant embarquement sur le port de Sète.

Je vous pris d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées et les meilleures.

Bien cordialement

Signé : le Président Daniel Vialèlle. »

Peut-on appeler ça, une réponse ?
Hormis le fait de ne pas souligner que Madame Mathieu à réagi sous l’impulsion des élus communautaires salvetois, notre cher président déclare en clair : Dormez tranquille, on ne le fera plus ! Cela signifie, les chinois voulant que leur bois soit traité avant l’embarquement et que si le traitement se fait dans les mêmes conditions qu’à la Salvetat, les marins-pécheurs sétois pourront nous dire merci.
Plus incroyable encore car allant à l’encontre des thuriféraires du développement durable, ce bois reviendrait en Europe et particulièrement en France sous forme de produits finis (planches, mobiliers, jouets bois etc.), ce qui assurément tire plutôt le développement de notre filière bois vers le bas et met à mal le principe de commerce de proximité et de consommation française que prône une certaine écologie politique bien souvent inféodée. Il existe un proverbe chinois qui dit : « La vérité est le point d’équilibre de 2 contradictions ».

  • Quelles mesures nécessaires pour ne plus polluer le Parc Naturel Régional du Haut Languedoc ont été prises ?
  • Quels contrôles du respect du protocole ont été prévus ?
  • La réglementation stricte de l’utilisation de la cyperméthrine sera-t-elle appliquée ?
  • Encore une fois, quels moyens ont été mis en place pour éviter toutes récidives ?

Pour toutes réponses, il me semble entendre une petite musique fredonnant :
« Non rien de rien, non, ON ne vous dira rien !»
Bien du monde se pressait au « Camp del Tour » et en ces temps là, la communication allait bon train. Depuis l’affaire du traitement, personne ne s’exprimant publiquement, une rumeur se propagerait sur sa véracité, sur sa dangerosité. Il est primordial que les populations soient informées, autant que les apiculteurs, les sylviculteurs, les agriculteurs, les éleveurs, les pécheurs, les chasseurs, etc.

Vous êtes capables tous autant que moi de reconnaître ce qu’il y a de scandaleux dans la dégradation de notre territoire. Quoi de plus normal que d’y réfléchir et d’en parler ? Qu’y a-t-il de malsain à vouloir qu’un engagement pratique aboutisse à la sauvegarde et au respect et du territoire, et de ses habitants afin de ne plus jamais connaître de septembre 2012 ?

Faut-il pour cela en appeler à Monsieur Yves Pietrasanta ?
Le vice-président du Conseil Régional, « l’engagé à vie pour protéger l’Homme et la nature, l’étiquette verte de la Région depuis 2004 comme il se présente lui-même dans le N° 20 de l’accent du SUD, daignera-t-il se pencher sur ce dossier ?
Faut-il pour cela en référer aussi à Madame Monique Pétard ?
La vice-présidente du Conseil Général, la « pasionaria écologiste du département » devrait venir avec Nicolas Hulot, gouter les fraises sauvages un peu tièdes ainsi que les cèpes « cyperméthrinés », juste cueillis sur un terrain esquinté qui ne ressemble plus au jardin de son père (confer le dernier Hérault magazine de Janvier 2013).

Les beaux mots rassurants d’auto-glorification ne suffisent plus. Des actes seront nécessaires que les beaux discours aseptisés ne pourront plus masqués.
Tel Le président Vézinet, à qui il faut rappeler que les saucissons ne poussent toujours pas sur les arbres à la Salvetat, et qui se plaint que Montpellier soit malmenée par son Agglo, il y a quelques jours dans Midi Libre, Moi, J’affirme haut et fort que la Communauté des Communes du Haut Languedoc et le département maltraite la Salvetat sur Agout.
Que 2013, soit la fin de cette maltraitance est mon vœu le plus cher.

Ainsi, je croyais avoir terminé là, mais cette nuit, lorsque j’envoyais à certaines personnes la trame de mon discours, je doutais fortement de moi !
Fallait-il le dire  ou pas ?
Fallait-il le faire ou pas ?
Et puis, j’ai reçu la réponse d’un élu, maire de Mazamet qui se terminait ainsi :
 » Tout ce qui dérange fait avancer ! Je vous souhaite plein succès pour demain à la radio, mais surtout pour cet après-demain que tant d’Hommes ne savent pas prévoir! »

Bien cordialement,

Laurent Bonneville.

Je lui ai promis dans ma réponse que j’utiliserai sa conclusion, c’est chose faite, promesse tenue et encore merci Monsieur Bonneville.

Avec beaucoup d’amertume mais aussi beaucoup, beaucoup d’espoir.

D’autres occasions nous seront données.

A bientôt.

CLASSEMENT TOXICOLOGIQUE – Directive substances dangereuses (67/548/CEE)
Xn N R20/22 R37 R50/53 S2 S24 S36/37/39 S60 S61

  1. Dangereux pour l’environnement
  2. Nocif par inhalation et par ingestion
  3. Irritant pour les voies respiratoires
  4. Très toxique pour les organismes aquatiques, peut entrainer des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique
  5. Conserver hors de la portée des enfants
  6. Éviter le contact avec la peau
  7. Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un appareil de protection des yeux / du visage
  8. Éliminer le produit et son récipient comme un déchet dangereux
  9. Éviter le rejet dans l’environnement
  10. Consulter les instructions spéciales / la fiche de donnée de sécurité
  11. Catégorie 4
  12. Dangers pour le milieu aquatique
  13. Entraine des effets néfastes à long terme.

 

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le parc naturel régional du haut languedoc vous accueille
C.P.I.E de la Salvetat sur Agout le changement c’est maintenant

Le titre pourrait paraître provocateur en cette période électorale mais cela me fait tellement plaisir...

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