Siryza et Podemos : quel nom en France ?

5

Siryza et Podemos, en Grèce et en Espagne,  sont des mouvements d’une certaine renaissance citoyenne largement identifiable par leur nom dans le débat démocratique.
En France,  malgré de nombreux appels pour la constitution d’un tel mouvement, un nom de baptême tarde à apparaître.
Et pourtant !

Tribune parue dans Libération le 7 mai 2015.

Après la débâcle des élections départementales, la gauche est en vente à la découpe. Le gouvernement et le Parti socialiste ont été une nouvelle fois sanctionnés dans les urnes. L’abstention record, tout comme la course en tête du FN, expriment à la fois l’écœurement et le rejet du système politique dans son ensemble. Mais la colère populaire n’a débouché, pour le moment, que sur le ressentiment et le repli aussi réactionnaire qu’autoritaire. Comment pourrions-nous nous laisser enfermer dans deux logiques mortifères, se nourrissant l’une l’autre : d’un côté, l’austérité et la régression ; de l’autre, la réaction autoritaire et la xénophobie ? Nous devons prendre nos responsabilités et conjurer ce scénario de la désespérance. La reconstruction d’une force politique émancipatrice, en phase avec les urgences sociales et environnementales est un impératif urgent auquel il faut dès maintenant s’atteler.

Construisons notre Rassemblement Citoyen

Construisons notre Rassemblement Citoyen

La première étape est de faire émerger un pôle rassemblant toutes celles et ceux qui veulent donner une colonne vertébrale sociale et écologique à une nouvelle gauche. Car il n’y a pas d’écologie conséquente et populaire sans rupture avec la logique du profit et le dogme de l’austérité. Et il n’y a pas d’émancipation humaine sans préservation de l’écosystème, et donc sortie du modèle consumériste et productiviste. L’articulation entre le mouvement ouvrier et l’écologie politique permet de poser la question des finalités de l’économie. Elle nous ramène à des choix fondamentaux, qui consistent à tourner l’économie vers la satisfaction des besoins du grand nombre et la préservation de la planète. Nous refusons d’attendre Godot, ce retour de la croissance des années 60 ni possible ni souhaitable. Le cap doit être clair : ce n’est pas la compétitivité que nous recherchons, mais la construction d’une «société du bien vivre» à même d’assurer à chacune et à chacun une vie meilleure.
Quant à la méthode, une seule permet d’avancer : la démocratie véritable en lieu et place de la «gouvernance» qui donne aux élites le pouvoir de décider pour le peuple. Une nouvelle république, c’est-à-dire un changement radical de notre fonctionnement institutionnel et démocratique, doit être mise en œuvre à travers la fin du présidentialisme, la proportionnelle, le statut de l’élu : le chantier est immense et ne s’arrêtera pas aux portes des entreprises. Les salariés, comme les usagers, ont leur mot à dire dans le cours de la production. Ce qu’on produit, et la façon de le produire, doit devenir l’affaire de toutes et de tous.

Pour permettre une dynamique sociale, culturelle, citoyenne, il faut fédérer toutes celles et ceux qui veulent changer le monde et ne considèrent pas qu’il n’y a qu’une seule alternative possible, celle de la gestion du capitalisme tel qu’il est. La nouvelle gauche ne naîtra pas d’un cartel de partis, mais le signal d’une alliance nouvelle doit donner l’envie de s’engager à ces millions de nos concitoyens, qui attendent un sursaut, une initiative. A la condition de dire ensemble que nous sommes prêts à changer nos pratiques, et inventer le projet et la stratégie de transformation sociale et écologique du XXIe siècle. La réappropriation de la politique par les citoyens commence par en bas, à partir des valeurs de l’écologie, de l’autonomie, de l’égalité, de la dignité. Nos forces politiques doivent être prêtes à dépasser les logiques d’appareils, et les vieilles routines pour créer, à l’image des mouvements grecs et espagnols, une nouvelle force politique. Impulsés par des responsables du mouvement social, du monde culturel et intellectuel critique, du Front de gauche, de Nouvelle Donne et d’Europe Ecologie-les Verts, les Chantiers d’espoir, avec leur prochain rendez-vous le 20 juin, constituent un point d’appui.
Si nous ouvrons nos portes et nos fenêtres sur ce qui bouge, résiste, s’invente dans les sociétés, alors nous aurons l’énergie nécessaire pour recomposer et refonder la gauche sur la base d’un projet de civilisation alternatif au modèle de développement « croissanciste » et productiviste, qui seule peut réenchanter le monde et lui donner du sens, antidote à tous les extrémismes. Alors ayons confiance dans la force de nos idées, et osons être ambitieux. Pour notre part, nous y sommes prêts.

Jacques Boutault, Sergio Coronado, Jérôme Gleizes et Elise Lowy Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), Clémentine Autain,  Myriam Martin, Jean-François Pellissier et Marie Pierre Thoubans (Ensemble-Front de gauche).

Clémentine Autain à Albi

Clémentine Autain

Le collectif « Ensemble81 » nouvellement créé, a invité Clémentine AUTAIN, l’un des porte-paroles de ce mouvement. Elle présentera son dernier ouvrage : «  Nous avons raison d’espérer » et détaillera sa vision de la situation politique actuelle en participant à la réunion publique :

le mardi 2 juin 2015 à 20h30 à la ferme de Pratgraussals à Albi


Par ailleurs, une séance de dédicaces aura eu lieu à partir de 16h30 le même jour.

la librairie Guillot
21, lices Georges Pompidou
Albi.

ucBillet du jour pour construire une alternative sociale et écologique dans le SEGALA CARMAUSIN.
Lire le billet du jour dans  Carmaux info

Construisons notre Rassemblement Citoyen.
Un Nom , vite !

La Grèce l’a fait.
L’Espagne y arrive.
La France s’y prépare !
Un sentiment confus de s’être fait avoir, que rien ne peut plus changer, trahi-e-s par la gauche sociale démocrate ayant rejoint  le camp du productivisme contre les Humains, des accumulations privées sans limite, de l’abandon du peuple aux prédateurs financiers.
Un sentiment confus que les fantastiques cinq millions de voix qui se portèrent sur les candidat-e-s du Front de Gauche et d’EELV, Jean-Luc MELENCHON et Eva JOLY, avaient été dilapidées ici et là par l’irresponsabilité des uns et des autres  à ne pas avoir rompu clairement avec la politique libérale du gouvernement.
Mais un sentiment confus que quelque chose se passe. Que la fin des errements politiques est à nouveau possible. Que la fin des illusions de rassemblement autour de ce parti ou de celui là est venue.
A la place des illusions, à la place des soumissions, un rassemblement volontaire de citoyen-ne-s, et d’organisations politiques à projet social et écologique naît sous nos yeux comme naquirent Siryza et Podemos , en Grèce et en Espagne.
Suffisamment précis dans les objectifs de l’action pour dessiner une indépendance constructive qui interdit un ralliement au  camp libéral ( P »S », UMP, FN).
Suffisamment ouvert pour permettre à chacun d’apporter son idée, sa proposition au débat fraternel des assemblées et de retenir par le vote, celles qui seront proposées à nos concitoyen-ne-s.
J.C. Zab

Une alternative politique, sociale et écologiste !

logo-chantiers d'espoir« Nous mobiliser, ensemble, pour élaborer une alternative politique, sociale et écologiste : c’est l’objet des chantiers d’espoir que nous vous proposons de construire.
À travers ce rassemblement inédit, l’objectif est de mettre en mouvement nos concitoyens et bâtir ainsi une majorité d’idées dans le pays, de montrer qu’il est possible de faire autrement en dessinant les mesures urgentes de transformation sociale et écologique que mettrait en œuvre un gouvernement qui ne renonce pas face à la finance. 
»

L’équipe des chantiers de l’espoir

Tassos Koronakis : Secrétaire du Comité central de la Syriza (19 mai 2015)

Chers amis,

Tassos Koronakis

Tassos Koronakis

Après presque quatre mois de négociations intensives, nous avons atteint un moment de vérité pour notre projet européen commun. Le gouvernement dirigé par Syriza fait de son mieux pour parvenir à un accord honorable avec ses partenaires européens et internationaux respectant à la fois les obligations de la Grèce en tant qu’État membre-européen, mais aussi le mandat électoral du peuple grec.
Le gouvernement dirigé par Syriza a déjà entamé une série de réformes qui s’en prennent à la corruption et à l’évasion fiscale généralisée. Les dépenses sont freinées et les recettes fiscales collectées dépassent les attentes, permettant d’atteindre un excédent budgétaire primaire de 2,16 milliards (janvier-avril 2015), bien supérieur à l’estimation initiale d’un déficit de 287 millions. Parallèlement, la Grèce a honoré toutes les obligations de sa dette avec ses ressources propres – cas unique parmi les Nations européennes – puisque tout versement de fonds a été coupé depuis août 2014.
Quatre mois de négociations épuisantes ont passé, durant lesquels, systématiquement, les créanciers de la Grèce ont tout fait pour contraindre le gouvernement dirigé par Syriza à appliquer l’exact programme d’austérité rejeté par le peuple grec aux élections du 25 janvier. L’asphyxie de liquidités orchestrée par les institutions a conduit à une situation critique pour les finances de notre pays, rendant insupportable le service des titres de créance à venir.
Le gouvernement grec a fait de son mieux pour parvenir à un accord, mais les lignes rouges –ayant à voir avec des excédents primaires durables et réalistes, la restauration des contrats collectifs et du salaire minimum, la protection des travailleurs contre les licenciements massifs, la protection des salaires, des pensions et du système de sécurité sociale contre de nouvelles réductions, l’arrêt des privatisations à prix
bradé, etc- doivent être respectées. La souveraineté populaire et les mandats démocratiques doivent être respectés. Il ne faut pas confondre la patience et la bonne volonté du peuple grec avec la propension à céder à un chantage sans précédent. La démocratie européenne ne doit pas être asphyxiée.logos_pcf_fdg_ge-400La période est cruciale ; nos partenaires européens doivent faire preuve de volonté politique pour surmonter l’impasse actuelle. Cet appel n’est pas seulement un appel à la solidarité, c’est un appel au respect des valeurs européennes essentielles.

Dans ce cadre, Syriza appelle tous les acteurs sociaux et politiques, progressistes et démocratiques, conscients du fait que la lutte de la Grèce ne se limite pas à ses frontières nationales, mais qu’elle est une lutte pour la démocratie et la justice sociale en Europe.

Dans ces moments critiques, nous appelons à des actions de solidarité sociale et politique, allant de l’organisation de rassemblements et de campagnes de sensibilisation à travers l’Europe, à des initiatives institutionnelles dans les assemblées locales, régionales et nationales et des déclarations individuelles ou collectives de soutien aux efforts de la Grèce pour faire passer le paradigme européen d’une austérité désastreuse à un nouveau modèle de croissance durable.

Votre soutien est d’une importance capitale, non seulement pour le peuple grec, mais aussi pour l’avenir de l’idée européenne.

Avec nos meilleures salutations.

Tassos Koronakis

Partage

5 commentaires

  1. Bonjour à tous !
    Après un an passe au PG à observer de près des gens et des idées formidables, empêchés part un fonctionnement obsolète (c’est mon avis perso !) j’ai quitté le PG et je me suis amusé à traduire des bouts de textes organisationnels de Podemos, pour creer un début de mouvement citoyen (dans l’hérault). C’est tout neuf, on apprend, c’est passionnant, nous avons trois cercles… Dont un à Beziers.) Ce soir samedi 30 mai je suis invité à parler de notre association à Marseille au point de bascule pour ceux qu connaissent…
    Le nom que nous avons trouvé : PARTAGIR
    Ça surprend mais on s’habitue vite !
    Chacun sa goutte d’eau et on va réussir à éteindre l’incendie que la caste (comme dirait Podemos) à laissé se développer !
    Bonnes luttes à tous 🙂

  2. Bonjour,

    Les textes qui précèdent doivent emporter l’adhésion de toutes et de toutes qui ne sont pas prisonniers d’une structure et d’une histoire. Mais les autres, militants du PS, du PCF, du PG, d’EELV, du NPA, sont-ils prêts à cet effort de transcender les cadres dans lesquels ils ont pris l’habitude de militer ?
    Car il ne sert à rien d’évoquer Podémos, si en même temps on prolonge le système politique français tel qu’il est.
    Dans les votes grecs et espagnols – et sans doute en partie aussi dans le vote écossais – il y a aussi le rejet du système des partis en place depuis tand d’années dont bien de ceux qui citent aujourd’hui Podemos manifestent par leurs propos et leurs comportements qu’ils sont incapables eux-mêmes de sortir de ce système.
    Appeler à une nouvelle organisation institutionnelle du pays et le faire tout en continuant de pratiquer en interne et à l’égard des partenaires potentiels les mêmes comportements hiérarchisés et autoritaires et le même esprit partisan empêche de franchir le seuil de crédibilité qui permettrait aux abstentionnistes et aux protestataires d’aujourd’hui de nous rejoindre. Le drame du communisme, par exemple, c’est de s’être autorisé tous les moyens pour arriver à cette fin généreuse dont l’idéal est porteur. Le drame du socialisme c’est de s’être autorisé une collaboration des classes qui a fini par le pervertir totalement et lui a enlevé ce goût du combat et de la résistance auquel invitait Jaurès. La fin est déjà dans les moyens qu’on emploie pour y parvenir. Si dans nos comportements, dans nos méthodes individuelles et collectives, nous ne pratiquons pas l’idéal que nous prétendons porter, nous ne serons pas crédibles. Il me semble que c’est sur cela qu’il faut s’accorder et que c’est plus important que le nom qu’on se donnera car, manifestement, si on ouvre les yeux, on voit bien que nous ne sommes pas prêts. Ne mettons pas la charrue avant les boeufs. Jetons d’abord les bases nouvelles d’une gauche de gauche et le nom jaillira de lui-même.
    Raoul Marc Jennar

    • Thierry Canals le

      Bonne analyse que je partage entièrement.
      Les bases nouvelles d’une gauche de gauche étant en « gestation », j’ai seulement évoqué l’idée qu’il serait peut-être temps de trouver un nom pour le futur « Bébé » en espérant, comme vous le dîtes, que ça aiderait justement les autres militants (PS,PCF, PG, EELV, Ensemble, NPA et d’autres encore) à transcender l’univers dans lequel ils ont pris leurs petites et parfois malsaines habitudes. Personnellement, je pense que changer de « cadres » c’est aussi changer la constitution de la République et promouvoir la  » VIème « 

Laisser un commentaire,

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :
Lire les articles précédents :
Éoliennes Riols : discorde sociale dans le PNRHL et ailleurs…

Au moment où tant de projets d'implantation  de centrales éoliennes refleurissent sur tout le territoire...

Fermer