Le cœur de la fabrication du fromage ovin réside ensuite dans la fromagerie, souvent attenante à l’étable ou à la ferme. Les éleveurs locaux poursuivent une tradition artisanale, épaulée parfois de quelques touches de modernité (lavage, thermisation…), mais fondée sur des invariants.
- Le lait cru : très majoritairement utilisé. Il porte toute la personnalité du terroir et du troupeau, mais nécessite une hygiène rigoureuse.
- Coagulation : ajout d’un ferment naturel (présure ou ferments lactiques) pour faire cailler le lait. Ce geste varie en durée selon le fromage voulu : frais, pâte molle, tome, etc.
- Egouttage, pressage et moulage : chaque fromager a ses propres secrets, hérités ou adaptés : égouttage sur toiles, pressage en moules en bois ou plastique, pincements et tournures à la main.
- Affinage : dans de petites caves, souvent creusées dans le schiste, sur planches en bois, parfois jusqu’à plusieurs semaines. Ce moment confère tout son caractère au fromage.
Ce savoir-faire se retrouve d’une ferme à l’autre, avec des variantes sensibles : certains ne font que du fromage frais pour la consommation immédiate, d’autres affinent de petites tomes (de 300 à 800g) qui supporteront quelques semaines de garde.
Portraits de produits : diversité des saveurs et renommée
- La fameuse tomme de brebis fermière, au goût doux mais marqué, souvent vendue à la coupe sur les marchés de Saint-Pons-de-Thomières ou de La Salvetat.
- Les fromages frais crémeux, parfumés, typiques des débuts d’été, parfois aromatisés (ail des ours, poivre, herbes du jardin).
- Une production occasionnelle de yaourts ou de faisselles de brebis, très recherchés localement.
Depuis quelques années, certains éleveurs adhèrent à la marque Sud de France, qui garantit les origines et valorise l’artisanat paysan, ou se regroupent en petits collectifs pour vendre sur place ou sur Internet (voir : Collectif Fermes du Haut-Languedoc).