Départ : autour de La Salvetat, cœur historique et premières enclaves
Depuis la place du Foirail, on quitte l’animation du bourg médiéval en franchissant le vieux pont, récemment restauré (XIVe siècle selon les archives départementales de l’Hérault), qui enjambe l’Agout. Première halte à la croix de la Brunelle, repère de procession au début du XIXe siècle. Cette croix de granite garde la mémoire des routes ancestrales reliant les hameaux.
La sortie s’amorce à travers quelques jardins en terrasses. Poussant vers l’ouest, la route grimpe doucement entre genêts et prairies. À 1,3 km, une bifurcation sur la droite mène à la croix du Pech, sobre mais appréciée des photographes pour la vue qu’elle ouvre sur les toits de La Salvetat et les versants boisés du Mont Montalet.
Trésors cachés : forêt domaniale et croix discrètes
L’itinéraire s’enfonce ensuite dans la forêt du Somail, haut lieu de biodiversité. Ici, la croix du chemin du Moriège émerge à une clairière — épaisse, cette croix trapue fut probablement dressée pour bénir les troupeaux (source : “Croix et oratoires de l’Hérault”, A. Vidal, 1998).
- Sur ce tronçon, cerfs et chevreuils sont fréquemment aperçus, surtout à la tombée du jour (observations ponctuelles de la LPO Occitanie).
- Les hêtres et sapins alternent avec d’anciennes châtaigneraies. Au printemps, jonquilles et narcisses tapissent parfois le sous-bois.
La traversée se poursuit/surveillez les balises jaunes pour ne pas manquer la sortie de bois, vers le hameau du Rouveau et sa croix de mission (datée de 1895). Une stèle locale repose à proximité, témoignant d’une mobilisation paroissiale à la fin du XIXe.
Grimper pour le panorama : Sommet du Col de la Bassine
Voici l’un des “temps forts” de la boucle. Le chemin, caillouteux mais bien tracé, serpente jusqu’au Col de la Bassine (950 m alt.). À hauteur du col, une croix simple en fer forgé veille dans une niche de pierre. De là, panorama circulaire exceptionnel sur :
- le plateau du Somail, au sud
- les premiers contreforts du Tarn, à l’est
- la chaîne de l’Espinouse, au nord, dont le pic de Montalet (1 256 m)
Par temps clair, la vue porte jusqu’aux Monts de Lacaune et même, à l’horizon, les crêtes de la Montagne Noire. Une table d’orientation sommaire existe. En 2022, le site a enregistré plus de 4 200 passages sur la saison estivale selon l’office de tourisme (source : OT Monts & Lacs en Haut-Languedoc).
Descente en balcon : croix paysannes et anciennes drailles
La descente s’effectue par un chemin de crête où l’on croise deux petites croix de pierres, sans inscription, probablement érigées vers 1880 lors de la construction des drailles transhumantes (documents fonciers locaux). Ces croix signalent d’anciens lieux de pauses ou de bénédiction lors des déplacements de troupeaux, fréquents dans le secteur.
La dernière portion du parcours s’ouvre : le chemin s’incline vers la vallée, laissant entrevoir le vieux moulin de Vialais puis le cours de l’Agout. Une dernière croix tout contre la route, la croix de Vialais, présente l’intérêt d’une niche ornée encore de tesselles vernissées, rareté décorative dans la région.