1. Le Sentier des Ponts et des Vieilles Dalles
Au départ du centre ancien de La Salvetat-sur-Agout, ce circuit de 14 km (environ 4h30 de marche, balisage jaune) traverse l’histoire médiévale du village. On rejoint le fameux Vieux Pont, classé Monument Historique, datant du XIII siècle, puis d’anciens quartiers rénovés dans les années 2000 avec des financements participatifs locaux (source : Mairie de La Salvetat-sur-Agout).
- Le pont franchit ici l’Agout, jadis frontière entre « pays cathare » et « terre royale ». Historiens locaux rappellent qu’une bataille se serait déroulée à cet endroit en 1224 (Source : Archives départementales de l’Hérault).
- Les « vieilles dalles », larges pierres plates sur certains tronçons, témoignent des anciens chemins de transhumance entre Agout et Lacaune.
- Le parcours longe aussi la fontaine d’Isarn, source affleurante chargée de légendes portant sur la guérison des maux de dos – une croyance toujours vivace chez les anciens.
Côté nature, la randonnée traverse la ripisylve de l’Agout où le cincle plongeur, petit oiseau emblématique des rivières vives, foisonne. En été, c’est aussi un secteur prisé pour l’observation du papillon apollon, protégé en Occitanie (Observatoire de la Biodiversité Occitanie).
2. Le tour du Lac de la Raviège et le hameau de Cabanes
Au Nord-Est du village, le Lac de la Raviège (440 ha, achevé en 1957 lors de la construction du barrage EDF) compose le plus vaste plan d’eau du secteur. L’itinéraire officiel du Tour du Lac (21 km, environ 6h30, partiellement balisé blanc et rouge – GR®7) combine paysages lacustres, patrimoine forestier et micro-villages.
- La randonnée passe par « Les Cabanes », ancien hameau de bûcherons et charbonniers, restauré à la fin des années 1980 grâce à un chantier-école du Parc naturel régional du Haut-Languedoc. Plusieurs anciennes « cabannes » de pierre sèche y sont désormais occupées l’été par des artistes et artisans locaux.
- On franchit aussi les vestiges de deux pontons de wagonnets, témoignant de l’exploitation forestière intensive du massif jusqu’aux années 1950. Quelques rails sont encore visibles, enfouis dans la végétation.
- Le chemin serpente à travers des hêtraies séculaires classées Espace Naturel Sensible, abritant le pic noir et la martre – le secteur possède la plus grande densité de ces espèces dans l’Hérault (source : ONF Hérault-Tarn).
D’avril à juin, la flore explose : orchidées sauvages, lis martagon, et parfois la rare « fritillaire pintade ». Sur la rive Sud, la petite Chapelle Saint-Étienne-de-Cavall mis à jour par des bénévoles au début des années 2000 constitue un arrêt émouvant, vestige d’un pèlerinage disparu (source : Association Autour du lac).
3. Boucle des Faysses et drailles pastorales sur le plateau de Rosis
Plus à l’ouest, le plateau de Rosis propose une immersion dans un autre univers : celui des « faysses » (terrasses de culture en occitan) et des drailles – ces pistes séculaires empruntées par les troupeaux.
- La boucle du plateau (12 km, 4 h, balisage bleu) débute à La Resclause, typique hameau d'altitude, aux toits de lauzes parfaitement conservés.
- Les murs de pierre sèche témoignent ici de la labeur agricole d’autrefois. On y trouve notamment une « jauge », citerne médiévale creusée pour stocker l’eau de pluie, rareté dans ces hauteurs : l’une des dernières du Haut-Languedoc.
- Étape devant le « Sécadou », ancien séchoir à châtaignes, où des habitants organisent chaque automne une veillée autour de la récolte. La tradition, relancée depuis 2014, donne lieu à un repas partagé ouvert aux marcheurs (info : Amicale de Rosis).
Le sentier offre des panoramas sur les monts de l’Espinouse et la plaine biterroise par temps clair. En bordure, les effondrements karstiques, appelés avens, abritent une flore adaptée : violette odorante, saxifrage à feuilles opposées.