Un village qui doit tout à ses eaux
Si nombre de villages du Haut-Languedoc devaient leur dynamisme à la forêt, à la filature ou au pastoralisme, La Salvetat-sur-Agout s’est distinguée dès la fin du XIXe siècle grâce à la mise en valeur industrielle de ses eaux minérales. Les premières analyses scientifiques (vers 1850) attestent d’une composition unique, légèrement gazeuse et pauvre en sodium – une rareté qui finira par séduire d’abord les curistes, puis les industriels.
Les premiers aménagements pour capter la source datent de 1848, mais c’est l’installation d’une station thermale modeste et surtout l’émergence de l’embouteillage à large échelle, à partir des années 1930–1950, qui font basculer l’histoire du village. La source des Bouillouses, devenue « Source de La Salvetat », commence à voyager en bouteille dans la région, puis dans la France entière (source : Cap sur la source, La Dépêche 2017).
L’industrie de l’embouteillage : une révolution locale
Fait marquant, l’extraction, l’analyse et l’embouteillage de l’eau minérale structure l’activité industrielle locale dès l’après Seconde Guerre mondiale, avec l’arrivée de nouvelles techniques et d’investisseurs extérieurs. En 1992, le site passe sous la houlette du groupe Perrier, puis intègre le portefeuille de Nestlé Waters France en 1997. L’usine prend alors une tout autre dimension, affichant à son apogée plus de 200 millions de bouteilles expédiées chaque année (source : Nestlé Waters France, journal Le Monde, 2008).